Publié le 30 décembre 2025

Désigner une association comme bénéficiaire de votre assurance-vie vous permet de soutenir une cause qui vous tient à cœur tout en organisant la transmission de votre patrimoine. Cette démarche, encadrée par le Code des assurances, nécessite de respecter certaines formalités pour garantir le versement effectif du capital au moment voulu.

Les 3 étapes pour désigner une association bénéficiaire :

Contactez votre assureur pour demander un formulaire de modification de clause, rédigez la clause avec les mentions obligatoires identifiant précisément l’association, puis validez la demande par courrier recommandé et conservez une copie.

Quelles associations peuvent être bénéficiaires d’une assurance-vie ?

Toute association déclarée peut recevoir un capital décès, mais les associations reconnues d’utilité publique (ARUP) bénéficient d’un régime fiscal particulièrement avantageux qui exonère totalement le capital transmis des droits de succession.

Selon l’article L132-8 du Code des assurances, le capital garanti peut être versé « à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés » lors du décès de l’assuré. Cette disposition s’applique indifféremment aux personnes physiques et aux personnes morales, incluant donc les associations, fondations et organismes d’intérêt général.

Bénévoles entrant dans un bâtiment associatif humanitaire sous la lumière du matin

En pratique, les associations les plus sollicitées comme Médecins Sans Frontières, la Croix-Rouge ou la Fondation de France proposent un accompagnement gratuit pour vous aider à souscrire une assurance-vie au profit d’une association. Leur service legs et donations répond à vos questions et peut vous fournir des modèles de clause adaptés.

Bon à savoir : Les associations reconnues d’utilité publique et les fondations sont totalement exonérées de droits de succession sur les capitaux reçus via une assurance-vie. Cette exonération s’applique quel que soit le montant transmis, ce qui en fait un véhicule de transmission particulièrement efficace pour la philanthropie.

Cas typique : une personne sans enfant souhaite léguer 50 % de son contrat à une association humanitaire et 50 % à un neveu. La clause bénéficiaire doit alors mentionner les deux désignations avec leurs quotes-parts respectives, en précisant l’identité complète de chaque bénéficiaire.

Comment rédiger la clause bénéficiaire au profit d’une association ?

La modification de votre clause bénéficiaire s’effectue directement auprès de votre assureur, sans intervention obligatoire d’un notaire. D’après Service-Public.fr, l’assureur ne peut pas s’opposer à votre demande de modification dès lors qu’elle respecte les conditions de forme.

Contacter votre assureur pour obtenir le formulaire de modification

Adressez un courrier à votre compagnie d’assurance en mentionnant les références de votre contrat et votre souhait de modifier la clause bénéficiaire. La plupart des assureurs proposent désormais cette démarche en ligne via votre espace client, ce qui accélère le traitement.

En pratique, prévoyez un délai de deux à quatre semaines pour recevoir le formulaire et obtenir la confirmation de prise en compte. Certains contrats permettent une modification par simple avenant, d’autres exigent un formulaire spécifique.

Rédiger la clause avec les mentions obligatoires

Une erreur fréquente consiste à désigner l’association par son seul nom usuel, sans préciser les informations permettant de l’identifier formellement. Cette imprécision peut bloquer le versement du capital décès pendant plusieurs mois, voire entraîner un litige.

Mentions obligatoires pour identifier l’association

  1. Dénomination sociale complète Telle qu’elle figure au Journal Officiel ou au registre des associations
  2. Adresse du siège social Avec code postal et ville
  3. Numéro SIREN ou RNA (Répertoire National des Associations) pour éviter toute confusion
  4. Quote-part attribuée En pourcentage si plusieurs bénéficiaires sont désignés
  5. Clause subsidiaire Précisant le sort du capital si l’association venait à disparaître
Adulte tapant sur un ordinateur portable dans un salon chaleureux

Attention aux formulations ambiguës : évitez les expressions génériques comme « une association caritative de mon choix » ou « l’association X ou toute autre association similaire ». Ces formulations ouvrent la porte aux contestations et peuvent retarder considérablement le versement du capital.

Valider et conserver une copie de la demande

Envoyez votre demande par courrier recommandé avec accusé de réception pour disposer d’une preuve de date. D’après Service-Public.fr, votre courrier doit être daté, signé et contenir l’identité complète ainsi que l’adresse de vos nouveaux bénéficiaires.

Conservez une copie de l’avenant signé par l’assureur dans un endroit accessible à vos proches. Vous pouvez également informer l’association désignée de votre démarche : cela facilitera les formalités au moment du dénouement du contrat. Pensez aussi à réévaluer le montant de votre assurance-vie si votre situation patrimoniale évolue.

Quelles précautions prendre pour protéger vos proches et optimiser la transmission ?

Désigner une association ne signifie pas nécessairement exclure vos proches. L’assurance-vie offre une grande souplesse pour répartir le capital entre plusieurs bénéficiaires selon vos souhaits.

Conversation familiale autour d'une table avec plusieurs générations

Selon le rapport 2024 de France Assureurs, l’encours de l’assurance-vie atteint 1 989 milliards d’euros en France, confirmant son rôle central dans la transmission patrimoniale. Cette popularité s’explique notamment par la possibilité de désigner librement ses bénéficiaires, hors succession classique.

Toutefois, si vous avez des héritiers réservataires (enfants notamment), des primes jugées « manifestement exagérées » au regard de votre patrimoine global peuvent être contestées. En pratique, consultez un notaire pour évaluer les montants transmissibles sans risque de recours.

  • Transmission au décès : le capital reste disponible de votre vivant, vous conservez la maîtrise totale
  • Révocabilité : vous pouvez modifier la clause bénéficiaire à tout moment sans justification
  • Exonération fiscale : les associations reconnues d’utilité publique ne paient aucun droit de succession
  • Don de son vivant : vous vous dessaisissez immédiatement du capital, réduction d’impôt possible
  • Irrévocabilité : une donation est définitive et ne peut être reprise
  • Impact immédiat : diminution de votre patrimoine disponible dès la donation effectuée

Si vous souhaitez conjuguer générosité et cohérence patrimoniale, explorez également les investissements responsables en assurance-vie qui permettent d’orienter votre épargne vers des projets à impact positif dès aujourd’hui.

À retenir avant de désigner une association bénéficiaire

  • Identifiez précisément l’association avec sa dénomination officielle, son adresse et son numéro SIREN ou RNA
  • Contactez le service legs de l’association pour bénéficier d’un accompagnement gratuit et de modèles de clause
  • Envoyez votre demande par recommandé et conservez une copie accessible à vos proches
  • Consultez un notaire si vous avez des héritiers réservataires pour sécuriser la répartition

Ce que cet article ne remplace pas : Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil patrimonial personnalisé. Chaque situation familiale et fiscale est unique, et la rédaction d’une clause bénéficiaire engage juridiquement le souscripteur. Pour sécuriser votre démarche, consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Rédigé par Mathieu Delvaux, Spécialiste des produits d'épargne et de la fiscalité patrimoniale, il accompagne les particuliers dans la compréhension de leurs contrats d'assurance-vie. Sa pédagogie et sa rigueur lui permettent de vulgariser des sujets techniques sans sacrifier la précision. Il collabore régulièrement avec des notaires et conseillers en gestion de patrimoine pour produire des contenus fiables.